Partager l'article ! Un peu d'histoire: L'archipel des Mascareignes est composé de trois îles volcaniques situées de 700 à 1400 Km à l'est de Madagascar : L ...
L'archipel des Mascareignes est composé de trois îles volcaniques situées de 700 à 1400 Km à l'est de Madagascar : La Réunion, l'île Maurice et Rodrigues.
Ce sont des îles océaniques formées par l'accumulation et l'émergence de laves issues du même point chaud volcanique. L'île de La Réunion est la plus jeune des trois et a émergé il y a moins de trois millions d'années.
Les espèces vivantes animales ou végétales ont donc du traverser tout ou partie de l'Océan Indien depuis Madagascar, le continent Africain, l'Inde, l'Asie ou encore l'Australie pour coloniser ces trois îles.
La distance entre les îles des Mascareignes et les continents alentours a probablement été un frein important à la colonisation de ces îles par des espèces animales. En effet seules les espèces capables de parcourir de grandes distance en mer, soit en nageant soit en volant, sont a priori susceptibles de coloniser une île océanique.
Il apparaît pourtant que certains reptiles terrestres comme les Phelsuma (Geckos verts) et certains Scinques colonisent naturellement les îles océaniques par le biais des courants marins. La dispersion de leurs œufs à l'aide de radeaux flottants ("rafting") entre Madagascar et les îles alentours parait possible, d'autant plus que les coquilles des œufs de Phelsuma possèdent une certaine résistance à la dessiccation (dessèchement) et à l'immersion.
La colonisation de l'île de la Réunion est également en partie issue d'une dispersion inter îles dans le sens Maurice - Réunion. Ainsi les espèces de Geckos verts endémiques de La Réunion sont issues de la colonisation et de l'évolution d'espèces mauriciennes, elles même descendant d'espèces malgaches.
Aujourd'hui la plupart des espèces présentes à La Réunion ont été introduites par l'homme involontairement, à l'instar de l'Agame des colons (Agama agama) introduit à la Réunion par le biais des bateaux. Plus rarement des introductions volontaires sont entreprises par des particuliers. Ces Nouveaux Animaux de Compagnie sont communément nommés « NAC ». Ainsi plusieurs captures d'Iguanes ont déjà eu lieu dans les principales villes de La Réunion.
Une fois arrivées sur les îles, les espèces doivent encore s'adapter aux conditions locales pour survivre. Pour cela certaines vont changer de régimes alimentaires, de milieu de vie, de comportement, voire même de morphologie. Isolées sur les îles, elles vont alors donner de nouvelles espèces par le jeu de l'évolution. On parle de processus de spéciation. Ces nouvelles espèces sont endémiques : leur de répartition est limitée à une région donnée. Autrement dit, une espèce endémique de La Réunion n'existe qu'à La Réunion et nulle part ailleurs.
En raison de la difficulté pour une espèce d'atteindre les côtes des îles océaniques et de s'acclimater aux conditions locales, les Mascareignes sont caractérisées par une faible richesse spécifique (nombre d'espèces peu élevé). A l'inverse, le taux d'endémisme, soit le pourcentage d'espèces existant uniquement sur l'une ou plusieurs des îles de l'archipel, est très élevé.
Une des conséquences de l'isolement de l'archipel des Mascareignes a été l'évolution de ces espèces à l'écart de l'espèce humaine. L'absence de crainte face à l'homme a été fatale à de nombre d'entre elles. En quelques décennies les hommes ont anéanti quasiment la moitié des espèces de reptiles et d'oiseaux des Mascareignes. La chasse à outrance, la destruction de l'habitat et l'introduction de nouvelles espèces beaucoup plus compétitrices sont les principales causes de la destruction anarchique de ces espèces fragiles et uniques au monde et qui a été annoncée dès le 17ème siècle.